Les
obstacles rencontrés.
Le fond du problème est plutôt sociologique et historique,
la racine du mal restant toujours les mentalités, et génère tous les autres.
En effet, on se méfie plus des femmes et du risque lié aux enfants (on leur
demande plus de garantie), on doute d'avantage de leur aptitude face à un
environnement essentiellement masculin, elles sont donc contraintes à être
deux fois plus professionnelles pour être crédibles. Tout ceci a des conséquences,
notamment au niveau financier (en 98, le taux de refus de dossier par les
banques est de 33% supérieur pour les femmes) mais également au niveau
institutionnel. En effet, une faible représentation des femmes chefs
d'entreprise au sein des organisations professionnelles a pu être constatée,
entraînant une multiplication des associations et des clubs de femmes chefs
d'entreprises. Ces associations ont pour but de pallier à leur relatif
isolement au sein du monde de l'entreprise. De plus, l'osmose entre vie
familiale et vie professionnelle est difficile à réaliser, et le double
fardeau qui pèse encore en grande partie sur l'échine féminine reste un frein
à la création.
La
dynamique féminine.
D'une manière générale, les femmes abordent
l'entrepreneuriat et sa gestion de manière différente, dernière influence du
rôle attribué au sein de la famille. Moins directives, plus tolérantes, elles
trouvent leur place dans un contexte où la tendance est à un management basé
davantage sur les relations humaines, les échanges plutôt que sur les rapports
de force.
L'innovation est souvent leur force, les nouveaux secteurs d'activité sont leur
domaine de prédilection. De plus, elles créent en majorité des PME, qui ont
un rôle économique et social de plus en plus important car ils représentent
la principale source des nouveaux emplois.
Aussi pour nombre d'économistes, l'entrepreneuriat des femmes représente une
des forces émergentes qui pourrait devenir de tout premier plan dans les années
à venir, si on continue à en favoriser l'essor. Il représente un potentiel
majeur dans le phénomène de la croissance économique.
L'entrepreneuriat à venir ouvre ses portes à une logique du savoir où de
fortes capacités intellectuelles sont demandées. Les femmes qui, de manière générale
réussissent mieux dans leurs études, sont donc mieux placées pour répondre
à une telle demande.
Les
aides en la matière.
Des aides ont été mises en place, en particulier à un
niveau européen, pour encourager les initiatives et leur permettre de se développer.
Les futures créatrices d'entreprise peuvent ainsi profiter d'un certain type
d'aides spécifiques telles que le Fond de Garantie à l'Initiative des Femmes
(FGIF) dont le but est de leur permettre d'accéder avec plus de facilité aux
prêts bancaires (jusqu'à 150000 francs). Pour cela, elles doivent s'adresser
à la Déléguée Départementale aux Droits des Femmes présente dans toutes
les préfectures.
Le RACINES (Réseau d'Accompagnement des Créations et des Initiatives par une
Nouvelle Epargne de Solidarité) propose également des conseils et des soutiens
en matière économique et financière.
Enfin, le programme NOW met à la disposition des futures femmes chefs
d'entreprises des aides financières pour leur projet ainsi que des cellules de
formation et de conseil.
Et
dans le reste du monde?
Si la France rattrape le retard qu'elle a pu avoir en la matière,
les pays les plus dynamiques dans ce domaine restent le Canada et en particulier
le Québec mais aussi les Etats-Unis ou encore l'Espagne. Les représentantes de
la gent féminine en Amérique se révèlent deux fois plus nombreuses à mettre
sur pied leur entreprise que leurs homologues masculins. Aux Etats-Unis comme au
Canada, le nombre d'entreprises dirigées par des femmes augmente à un rythme
très rapide. On observe par exemple, qu'au Québec, le nombre d'entreprises a
augmenté deux fois plus vite (19,7%) que la moyenne nationale (8,7%) entre 1991
et 1994.
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Au sommaire :
Interview de Jean-Joachim Kuno : Consultant en ressouces humaines
Envie de partir ? : Travailler aux Portugal
la création d'entreprise au feminin
Stratégie emploi : conseils et astuces… Devenir Travailleur Indépendant
(2ème partie)
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